D'où vient AMÉDÉE : une famille, un atelier, un choix
Le nom de la maison est un prénom, celui de mon arrière-grand-père. Le reste de l'histoire est moins net que ne le voudrait une plaquette, et c'est très bien ainsi.
Pourquoi ce nom ?
AMÉDÉE, c'était le prénom de mon arrière-grand-père. Quand j'étais jeune, c'est mon grand-père Robert qui m'a appris la tonnellerie. Je ne prétendrai pas que j'étais un bon apprenti. J'étais distrait, souvent maladroit, et il perdait patience : « Mon père Amédée n'aurait jamais toléré ça ! »
Quand il a fallu nommer ce que je construisais, ce prénom-là s'est imposé sans que j'aie vraiment à choisir. C'est un hommage à mon arrière-grand-père et à mon grand-père Robert, et à des hommes qui comprenaient le bois comme d'autres comprennent la musique, sans avoir besoin de l'expliquer.
Pourquoi arrêter de fabriquer des barriques ?
J'ai grandi en fabriquant des barriques et je les aime toujours. Une barrique fraîchement assemblée, les courbes des douelles, le feu à l'intérieur pendant la chauffe : ça me fait encore quelque chose. C'est du très bel artisanat, et je n'ai aucune envie d'en dire du mal.
J'ai pourtant arrêté, et ce n'était pas facile. Ce qui m'a décidé, c'est la quantité de forêt qu'il faut pour une barrique, la part du bois qui reste sur le carreau au moment de la fente, et le poids d'un objet qu'on expédie ensuite à l'autre bout du monde. Je dois être clair sur un point : c'est une conviction, pas une démonstration. Je n'ai pas de bilan comparatif chiffré à vous opposer, et je ne vais pas en inventer un pour rendre mon choix plus confortable. J'ai décidé avec ce que je voyais dans l'atelier.
Ce que je crois, c'est qu'on peut apporter au vin une bonne partie de ce que le chêne sait faire sans passer par la barrique. Pas tout. Une barrique, c'est aussi un contenant, des échanges gazeux, une vie microbienne, et un copeau ne remplace pas cela. Je ne vis pas les alternatives comme un compromis, mais je ne les vends pas non plus comme un équivalent.
Qu'est-ce qui reste du métier de tonnelier ?
Le bois, et la façon de le traiter. Nous sélectionnons le merrain, nous le laissons sécher 36 mois à l'air libre avant la chauffe, et nous chauffons avec la même attention qu'un tonnelier porte à un fût. Ce sont les gestes que mon grand-père exigeait, appliqués à des formats différents : des copeaux, des douelles de 7 et de 18 mm, des inserts en sticks de 22 mm.
Est-ce que cela nous distingue ? Je n'en sais rien, honnêtement. D'autres travaillent bien aussi. Ce que je peux dire, c'est que nous n'avons pas commencé par un cahier des charges marketing, nous avons commencé par un atelier.
Comment se transmet ce savoir ?
Lentement, et de façon assez imparfaite. Il y a dans l'équipe des gens qui ont passé leur carrière sur le chêne, qui reconnaissent beaucoup de choses au toucher et à l'odeur, et qui se trompent aussi. C'est le métier : on apprend en se trompant devant quelqu'un qui vous le fait remarquer.
Ce que nous mesurons en laboratoire, nous savons le mesurer. Ce qui se passe dans une cuve de 300 hL un matin d'octobre nous échappe encore en partie, et nous continuons à chercher. C'est aussi pour cela que nous avons construit nos outils de calcul : ils rassemblent ce que nous avons mesuré, ils ne prétendent pas savoir à votre place.
Ce que ça change pour vous
Pas grand-chose sur le papier, et peut-être quelque chose au téléphone. Quand vous nous appelez, vous tombez sur des gens qui ont fait des barriques et qui savent de quoi vous parlez quand vous décrivez un fût de quatre vins. Nos produits sont dans la boutique bois, nos réponses aux questions courantes dans nos questions-réponses. Et si un de nos chiffres ne colle pas dans votre chai, écrivez-nous : nous préférons le corriger que le défendre.
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